petite présentation /short introduction

Un carnet de voyage virtuel...

Un récit agrémenté de photos des endroits que je vais traverser.

Pour donner envie à ceux qui restent sagement chez eux d'enfin avoir le courage de fuir le quotidien invivable.

Pour prouver que c'est possible...

La suite plus tard




A virtual notebook about my trip...

A tale with pictures of places I gonna be.

For making people who stay wisely at home finally want to get heart running away their unbearable workaday.

For showing it's possible...


Ce voyage est aussi possible grâce a Zellidja, un Organisme qui donne des bourses aux jeunes de moins de 20 ans qui partent seuls au moins un mois et qui montent un projet cohérent. faut aller voir vers là :
www.zellidja.com

Personnellement, j'ai recu 800€, ce qui m'a permis d'acheter mon appareil photo et de me poser un peu moins de questions au niveau matériel... C'est loin dêtre suffisant, mais ca aide ...

si vous êtes curieux, vous pouvez aller voir vers là pour trouver les blogs d'autres gens qui, comme moi, on recu une bourse de Zellidja :

http://orelyaugabon.blogspot.com, blog d'Aurélie Farradji, qui s'intéresse à la forêt gabonaise....
http://blogs.arte.tv/zellidja-paul-inde: Paul Rhoné nous fait partager ses impressions d'Inde...
http://blogs.arte.tv/zellidja-mariam-chine: Mariam va découvrir le dessous des cartes aux JO de Pékin....suspens!
http://blogs.arte.tv/zellidja-camille-argentine: Camille s'intéressera aux entreprises "récupérées" d'Argentine
http://blogs.arte.tv/zellidja-sacha-iran: Sacha se demandera si la place de la Shari'a est prépondérante dans la politique iranienne
http://blogs.arte.tv/zellidja-mathias-bolivie: Mathias a choisi de rencontrer le peuple bolivien et d'étudier son rapport au président indigène Evo Moralès
http://blogs.arte.tv/zellidja-raphaelle-indonesie: Raphaelle va rencontrer les punks d'Indonésie.
http://blogs.arte.tv/zellidja-audrey-perou: Marchés et rôle de l'indigène en Bolivie et au Pérou...

je suis parti de là / I come from here :

Mon voyage commence par Lyon, ma ville de départ, un peu la ville où je viens de vivre pendant presque deux ans. Alors je vous présente un peu les lieux autogérés qui existent au moment de mon départ dans ce foutue ville, les lieux que j'aime en fait...

My trip begins from Lyon, departure toown, more or less the place where I just spent 2 years. So I introduce some self managed places existing at this moment, places I love, in fact....

Deadwood


Au concert du 5 juillet, pour mon "fêter" mon départ (encore merci aux potes...)
5th july, to celebrate my departure (thanks again to friends...)




Il y a d'abord Deadwood.
espace ouvert il y a peu, par le collectif des amis des punks, pour faire des concerts essentiellement. Ce sont en fait les anciens locaux de clear channel, qui maintenant appartiennent à Nexcity, un promoteur qui a racheté tout le paté de maison, va tout raser pour faire : "un vrai nouveau quartier"... j'ai un peu peur de ce qu'ils entendent par là....
Enfin, pour l'instant il y a des gens qui y vivent, et il s'y passe des choses, pas mal de concerts (http://www.dynamite.lautre.net/phpBB2/viewtopic.php?t=6308)
la "Mort sauvage en vélo" (http://rebellyon.info/article5386.html) et sûrement plein d'autres choses à venir...

Deadwood first.
A place recently opened, by the "punks friends group", to do gigs. In fact, it belonged to Clear Channel (advertising companny), now belong to Nexcity, a
property developer who bought all around and he gonna destroy all to build "a real new neibourhood"... I fear a little about it...
But now, there is people living there, organising stuff, a lot of gigs... and a lot more...

Deadwood 2


Un hangar






peintures ruperstres / wall painting



la façade de la maison... / in front of the house...

Le boulon

62 rue paul verlaine





Le jardin. / The garden


La friperie gratuite. / Free shop




En ce moment, il y a les rencontres des médias libres qui se passent là bas, et tu peux en savoir plus là : http://rebellyon.info/article5394.html

L'atelier vélo du boulon / bike workshop in Boulon






c'est donc là que j'ai bichoné ma petite reine avant de partir...

Where I pamped my bike, before to go...

La DKDance

Un squat queer sympatique, au croisement de la rue Charrial, et de l'Impasse de l'ordre !!

C'est un peu le QG de la Déprav', le collectif pour l'activisme queer http://deprav.over-blog.org/

A nice queer squat, at the "Charrial street" and "Order deadlock" crossroad !! It's a bit like Deprav' place, group for queer activism http://deprav.over-blog.org/



Et dans l'ombre, à côté de la porte, mon compagnon de voyage...
In the dark, my trip companion...



Et sur les murs, de la propagande pour les activités des amis !

(J'ai oublié la luttine et je m'en veux, parce que même si c'est pas un squat et même si personne n'y habite, c'est un des endroits où je me sens le mieux dans cete ville froide... http://laluttine.free.fr/ )

(I forgot "la luttine" and I blame myself, cause even if it's not a squat and no one is living there, it's for me one of the best places in this cold town...
http://laluttine.free.fr/)

Mon vélo / My bike

Mon compagnon de voyage, un peu mou, mais fidèle...

My comanion, a little bit not really nervous, but loyal...





Même les vélos font de la politique...
Even bikes are involved in politics...


Mon vélo / My bike (details)





première étape / First step

Vendredi 11 juillet 2008


Après avoir dormi 3h à peine, je me lève, c'est l'aube. A 8h enfin, je monte sur mon vélo. Ça faisait des mois, des années, que j'attendais ça : partir en vélo, tout droit sans avoir d'échéance de retour... Partir seul, autonome, à la découverte du monde, limité uniquement par mon énergie propre.

Je suis heureux, extrêmement, mais aussi effrayé, un peu, par le poids de destrier chargé, et par l'étape que j'ai à faire : Lyon – Dijon, pas loin de 210km. Ça va faire un an que je n'ai pas pédalé avec entre les jambes une monture aussi lourde. Et je n'ai pas, non plus l'impression d'avoir l'entraînement pour faire plus de 150 km en une seule étape. Mais comme je dis souvent, le vélo, c'est tout dans la tête, les jambes ne font qu'obéir. Et je pense très fort qu'arriver à faire plus de 200 bornes le premier jour de ce voyage, c'est d'une certaine façon faire un gros fuck off à tous ceux qui n'y croient pas (moi le premier), c'est une façon de dire : tiens, voilà, c'est possible ! Alors fais-le ! Je ne crois ni au passé, ni au futur... c'est juste maintenant ou jamais !


Je pars donc, hyper motivé, mais sans vraiment l'assurance d'être capable de mes ambitions. D'autant plus qu'il y a de l'orage prévu l'après midi, et que je ne suis plus vraiment capable de pédaler sous la pluie (j'ai trop souffert moralement de centaines de kilomètres trempé, seul, sans rien voir, à luter contre les éléments...). J'envisage donc quand même très sérieusement de planter ma tente à un moment donné, épuisé pour ne repartir que le lendemain.


Dans la matinée je sors de Lyon, je traverse l'Ain et je continue... Je continue jusqu'à ce que je ressente le besoin de faire un repas. Finalement, je pédale jusqu'à 13h -soit 5h après être parti-. Je m'arrête au milieu du bois de Fouget (entre Mâcon et Chalon sur Saône) en me demandant si il va vraiment pleuvoir, car je n'ai toujours pas croisé de nuage gris... Finalement si, un quart d'heure plus tard, une grosse averse vient confirmer les prévisions de météofrance. Je suis déçu, ma sieste éclair est compromise. Le feuillage des arbres m'abrite suffisamment pour pouvoir m'allonger une demi heure sans trop me mouiller. Mais j'espère très fort que ça va s'arrêter, j'ai pas envie de passer mon après midi ici.



11th july, friday

Slept 3 hours and stand up, it's dawn. 8 o'clock, I mount on my bike, at last. I waited that moment for months, years : go by bike, straight on without any date to come back... Go alone, autonomous, to discover the world, limited only by my own energy.

I'm happy, insanely happy, but scared too, by the loaded bike weight, and by the step I have to do : Lyon-Dijon, almost 210km. I didn’t pedal with an heavy bike for a year. Moreover I don’t think to be trained to do more than 150km on a day. But as I say often, road a bike, is in your head, legs just obey. I think strongly to do 200km the very first trip day, is a way to say «fuck off» to don’t believing people (I am the first), is a way to say : look, that is possible ! Do it !
NEITHER PAST NOR FUTURE, JUST NOW OR NEVER !!


Then, I go, super motivated, without being sure I am able to do what I want. Thunderstorm is anticipated for the afternoon. I contemplate seriously to pitch my tent at some point, exhausted, to leave again the day after.

I get out Lyon in the morning, I cross Ain and I continue… I continue until I need a meal. Finally, I pedal to 1pm - 5hours after gone-. I stop in the Fouget wood (between Macon and Chalon sur saone) asking myself if it really gonna rain, not any grey cloud… 15 minutes later, a big cloudburst confirm Meteofrance previsions. I’m disappointed, my nap is compromise. Tree leafs protect me enough to lay down half an hour. But I hope it gonna stop, I don’t wanna spend my afternoon here.

Quand je me réveille, c'est fini. Je repars, avec le sourire. J'ai retrouvé un peu de mes forces. Mais 20km plus loin, alors que je me ravitaille en eau dans un cimetière, une nouvelle averse croise mon chemin. J'enfile ma cape et je cherche un abri pour attendre que ça passe. Je suis impressionné par la quantité d'eau qui tombe en si peu de temps. Petit à petit, le sol de gravier de l'abri bus s'imbibe d'eau. J'essaye de prendre des photos sans résultat satisfaisant.


When I wake up, it’s finished. I go with a smile. I get a bit my strength back. 20 km further, while I refill my bottles, I take a new cloudburst. I put my cloak and I look for a shelter. I’m impressed by water quantity falling in a short time. Dribs and drabs, the bus stop gravel floor getting wet. I try to take pictures without anything nice…





Quand ça s'arrête, je repars à nouveau, en espérant que ce soit la dernière averse de la journée, et en espérant surtout arriver à Dijon, pas trop tard si possible.

Au niveau de Seurre, j'ai déjà fait plus de 160 km, et je croise un panneau qui m'indique Dijon à 40km. Je me pose quelques questions. J'ai mal aux jambes... Mais je serre les dents et j'appuie sur les pédales. J'ai quitté la Saône et Loire, et depuis quelques kilomètres, je peux lire « Côte d'Or » sur les bornes kilométriques. Le vent m'embête, et me fatigue surtout. Mais j'ai décidé de le faire, alors je roule. J'ai même l'impression d'aller lus vite pendant un moment, sûrement parce que l'envie d'arriver me donne des ailes.

Voilà comment un peu avant 20h30, je me retrouve à frapper à la porte des Tanneries. Un peu de la même façon que deux ans plus tôt (voir Aïe!#2). C'est Mika qui m'ouvre, il est tout seul, avec deux hollandais de passage. Tout le monde est à Lyon pour les rencontres sur les médias libres. Moi, je suis heureux, vainqueur de ma première étape audacieuse. Je trouve tout ce dont j'ai besoin, de l'eau chaude, de la nourriture (vegan), et de la compagnie surtout, pour me remettre de cet effort intense. Je trouve même un contact inespéré à Amsterdam...



When it stop, I leave again, hoping it was the last cloudburst of the day, hoping mostly to get in Dijon, not too late if it’s possible.

8.30pm , I knock the Tanneries door. Mika open, he’s alone with just a couple of Netherlands travelling. I am happy, first step won. I find all what I need, warm water, vegan food and especially friends, to get over of this effort. I even get a contact in Amsterdam…


un week end à Dijon / A week end in Dijon


http://squat.net/tanneries/








Samedi 12 juillet

Je glande, je prends des photos, je discute avec les gens qui passent, je découvre et participe au jardin des Tanneries, de l'autre côté du boulevard. Des voyageurs arrivent le soir. On est 9 à manger le soir... C'est simple, mais tellement agréable...


Dimanche 13 juillet

Encore une journée simple et reposante. Il pleut, je suis content de ne pas faire de vélo. Il faut que je prépare la suite, que je prépare mon itinéraire, un minimum. Je m'occupe de mon vélo, je passe du temps sur internet. Aujourd'hui un groupe de musique « tzigane punk » est arrivé aux Tanneries. Des Flamands de Gent. Ils jouent de la musique comme je respire. Ils vont sûrement jouer à Deadwood pendant la mort sauvage à vélo. Il y a aussi trois autrichiens qui sont arrivés. Ça me fait des contacts sur la route. Je pense passer à Gent, du coup...



12th july, satursday

I fart around, taking pictures, I discover and make the Tannerie's garden. in the evening, travelers arrive...

13th july, Sunday

An other easy and quiet day. It's raining, hopefully, I don't ride my bike. I have to prepare the next, my itinerary, a minimum. I take care of my bike, spend time on internet. A ''gipsy punk'' band arrived today at the Tanneries. Flemish from Gent. They play music as I breathe. Austrians arrived too. I get contacts on my road. Consequently, I think to go to Gent...


Le jardin des Tanneries... / Tanneries's Garden







l'atelier vélo des Tanneries / Tanneries' Bike workshop






Dijon-Chalons en Champagne...

Lundi 14 juillet

Deuxième étape. Collines et rivière

M'étant couché peu avant 3h, je me lève à 8. Et alors que je pensais me préparer seul rapidement, un des autrichiens se lève. On prends le petit déjeuné ensemble, on discute... J'arrive pas à être rapide. Et après c'est Mathilde qui se lève... Tout ça fait que je décolle à peine avant 10h. Bien plus tard que prévu (c'est pas trop grave, je n'ai aucun impératif...

C'est d'abord le vent qui me chagrine. Et après c'est les fameuses collines du nord de Dijon. De sacrées bosses ! Mais au moins, c'est beau, et puis ça me coupe le vent. Le temps est parfait, un ciel bleu parsemé de quelques nuages blancs. La pluie de la veille a refroidit l'atmosphère ; j'ai même la chair de poule dans les descentes. Que c'est bien les descentes ! ... En fait toute la matinée, je ne fais que monter et descendre. Je grimpe une bosse et je redescend avec le sourire de l'autre côté, sans aucun effort. C'est dur mais c'est beau.
Je croise plein d'animaux, pas mal de morts-écrasés, comme d'habitude (une corneille, un blaireau et quelques hérissons) mais surtout des vivants, ce qui est quand même plus agréable : un petit renard, une biche, un héron et quelques buses... Aurais-je ce plaisir, en voiture, en train ou en avion ?


14th july, monday

Second step. Hills and river

Went to bed just before 3 in the morning, I get up at 8. I thought to prep alone and fast, an Austrian get up too. Taking a breakfast together, tchatting... I am not able to be quick... So, I go just before 10. Later thank what I expected (doesn't really matter, I don't have any imerative...)

Wind first, and hills after, grieve me. Bloody hills ! At least, landscape is nice. Perfect weather, blue sky with some white clouds. The previous day rain get down the temperature, I event get gossebumps in downhills ! ... During the whole morning, I go up and down. Hard but nice.
I meet a lot of animals, quite some squashed, of course (a crow, a badger and some hedgehogs) but more alive ones, what is better : a little fox, a deer, a heron an some buzzards... Could I get this pleasure in a car, a train or aplane ?








Et puis au bout d'un moment, la route se met à longer la Digeanne. Le relief est alors plus clément avec le voyageur chargé que je suis. J'avance alors vraiment plus vite...
Cette rivière est magnifique. J'en profite pour recommander cette route à tout cycliste passant vers Dijon.
Je ne sais pas si c'est dû au 14 juillet, mais je ne croise presque aucune voiture. Et puis ça fait plaisir de voir autant de forêt, sans champs de blé ou de maïs à perte de vue.
Je m'arrête près de Montmoyen pour manger et faire la sieste, je trouve un sous bois sympathique avec en prime une fraise.


Later, the road run along the Digeanne. Then, relief is nicer with the heavy traveller I am. I am fester so...
This river is beautiful. Every cyclist should pedal over there...
I don't know if it's cause of the national day, but I don't cross a lot of cars. I enjoy to see as much woods, without any corn or wheat culture.
I stop near Montmoyen to eat and sleep a while, I find a nice wood, with a strawberry...





Quand je repars, je sens dans mes jambes les bosses de la matinée. Ce ne sera pas une grande après midi de pédalage. Je finis par m'arrêter sur la rive gauche de l'Aube. J'y prendrais ma « douche », nu comme un vers. Un bel endroit pour passer une nuit. Demain, je vais regagner Chalons en Champagne...

When I go again, I feel in my legs the morning hills. It won't be a great pedaling afternoon. Finally I stop near the Aube. I took a "shower" in, nude as a worm. Wonderful place to spend a night. Tomorow, I go to Chalons en Champagne...






Reims...

Mardi 15 juillet 2008


Mon portable ne marche plus, plus d'heure, ni de réveil. De fait, quand j'ai fini de dormir, je plie ma tente, replace mes sacoches sur mes portes bagages et reprends la route. Le paysage est moche. Des champs, immenses, à perte de vue. Il fait chaud. J'arrive à Châlons juste avant 17h. Je retrouve Adrien et on fait connaissance en échangeant de la musique (MP3...) et on va rejoindre Alex et Ségolène, deux autres membres de Caskoboll (Crust de Châlons). Une soirée avec des gens sympathiques avant de continuer vers Reims le lendemain.


Mercredi 16 juillet 2008


Mon réveil n'a pas sonné, je me suis réveillé tard. Après un petit dej en vitesse, je remonte sur ma selle pour être le soir au concert à l'Excalibur.



15th july, Tuesday

My mobile doesn't work anymore, it felt in the river... No hour, no alarm. Then, as soon as I stop to sleep, I remove my tent, put my bikebags back on, and I leave again. Ugly landscape. Huge fields as far as I can see. Hot air. Get in Chalons just before 5pm. I find Adrien, and we get together with Solene and Alex, playing in Cakokoll (crust punk band). A night with nice people, before to go to Reims.

16th july, Wednesday

No alarm, late waking up... A fast breakfast and I mount my companion to be at the gig tonight at "l'excalibur".


J'ai le vent de face ; je dois passer la « montagne de Reims » ; le ciel est menaçant...

C'est quand j'arrive à Reims que ça commence vraiment à être pénible : en suivant les panneaux, je me retrouve sur une 4voies, et en plus il se met à pleuvoir. Content d'être arrivé à Reims, mais quelle merde !

Je trouve Michel devant la cathédrale, aussi monumentale que ce qu'il est dit dans les livres d'histoire... Je me demande toujours comment des hommes ont pu construire des trucs pareils à la gloire de dieu... Autant j'apprécie les gargouilles, autant les crucifix, les saints et les vierges en statue, ça me gonfle...

Les allemands de Ding Dong Dead sont là aussi.

Quelques heures plus tard, le concert commence, pas envie de faire de report, juste une photo...

Il y avait donc Ding Dong Dead, Mort, et en première partie un groupe sans nom, d'expérimental froid...

Unfavourable wind ; I have to cross "Reims mountain" ; threaten sky... It's worst when I get in Reims, fallowing indications, I am now on a 2x2 ways, moreover it start raining. Holly shit !!

I find Michel in front of the cathedral, as monumental as in History books... I'm still asking how poeple made this kind of stuff just for glory to God... I like gargoyle, but I cannot stand crucifix, saint and virgin mother scupture...

Ding Dong Dead musicians are here too.

Later on, gig start, I don't wanna write a report, juste a couple of pictures...




Je passe ensuite la nuit dans le local de répet de Mort.


Next, I spend the night in the Mort rehersal room.


Reims-Deux Acren

Jeudi 17 juillet 2008

Toujours pas de réveil. Du coup, je me réveille à 10h. C'est hyper tard pour faire 190 bornes. Je me dépêche de monter sur mon vélo, quelques courses pour manger et finalement, un peu après midi, je quitte Reims. Je ne sais toujours pas si je vais arriver à Deux Acren (chez, entre autre, Olivier, le batteur chanteur de René Binamé (www.aredje.net) )le jour même, ou si je vais devoir planter ma tente, épuisé.
Alors qu'il faisait beau à Reims, le temps se couvre. Pourvu qu'il ne pleuve pas...

J'avance, petit à petit, kilomètre après kilomètre. Je n'ai pas l'heure. En fait, je n'ai pas vraiment la notion du temps. J'ai décidé de le faire et, au fond de moi, j'essaye de me persuader que je vais y arriver. J'ai bien fait 200 bornes le premier jour, pourquoi ça ne serait pas possible aujourd'hui ? Et puis je pédale en écoutant de la musique, et en me disant que c'est la meilleure chose à faire. J'avance, et je verrais plus tard...




Je croise plusieurs petits lapins, effrayés par ce étrange deux roues silencieux.

A un moment donné, malgré les barres de céréales et les gâteaux que j'ingurgite régulièrement, j'ai faim, et puis pour la troisième fois depuis mon départ de Reims, mes bidons sont presque vides.

Je m'arrête à un village (Clairfontaine) pour prendre de l'eau, l'horloge du clocher indique 18h30... Un peu plus loin, je m'arrête à l'orée d'un bois pour manger. Mon pain acheté le matin y passe, avec la terrine végétarienne qui traînait dans mes sacoches. Quelques fruits, et c'est reparti...





J'ai remarqué un changement progressif, mais sensible dans l'architecture, au fur et à mesure que je monte au nord durant cette étape ; la brique remplace le béton, et les toits se font plus pentus. Le genres de choses qu'on ne voit pas quand on se déplace en avion, en train, ou sur les autoroutes. C'est aussi pour ce genre de détails que pour rien au monde, dans la mesure où j'en suis capable, je prendrais mon vélo, pour traverser la rue, la ville, ou le monde...

J'arrive à Etroeugnt, je demande ma route à une jeune femme. Elle m'indique et me demande : «Puis-je vous poser quelques questions ? En fait je travaille pour le journal local. » J'accepte. J'imagine en souriant, l'article, au milieu de la liste des décès et du résultat du concours de pétanque... Je ne lui ai même pas demandé le nom du journal (Si par hasard, chère journaliste, tu lis ces lignes, je veux bien recevoir une copie de l'article en question...)
Il est tard et il me reste encore beaucoup de kilomètres jusqu'à Deux Acren.
Mon itinéraire me fait quitter les départementales pour prendre les voies communales, le genre de routes qui traverse les trous du cul du monde, avec de l'herbe qui pousse au milieu. C'est magnifique. Je regrette de n'avoir pas le temps de m'arrêter prendre quelques photos.

C'est le soir. Discrètement, la nuit tombe. Je fatigue aussi un peu. J'envisage de m'arrêter. Je continue en cherchant vaguement un endroit pour passer la nuit. Et puis il se met à pleuvoir. Pas génial de planter sa tente sur un sol humide... Du coup, je cherche un abri, mais je continue d'avancer... quand finalement quelques kilomètres avant la frontière, je trouve une maison. L'envie d'en faire la mienne pour la nuit me prend et je m'arrête. Ça me rappelle les scénarios de films d'horreur : une maison bourgeoise vide, un voyageur seul un soir d'orage... J'ai terriblement envie de rester là, l'endroit me plaît. Mais c'est tellement salle et en mauvais état que je me contente de prendre des photos, avant de reprendre la route, encore un fois.






Ça y est, c'est décidé, quitte à arriver dans la nuit, je ne m'arrêterais pas avant Deux Acren.

Quand je passe la frontière, un cri de joie m'échappe. Ça y est ! J'ai quitté la France ! Il fait nuit, c'est beau.

Je me demande bien à quelle heure je vais arriver. Je suis pressé. J'ai surtout peur de déranger mes hôtes, des les réveiller au milieu de la nuit. De toute façon, je n'ai plus le choix, alors je pédale...

J'arrive à Dour. Je trouve une route barrée. Ça m'intrigue un peu, mais je passe... C'est en voyant le nombre de personnes qui vont dans cette direction, et puis quand j'entends vaguement de la musique au loin, que je me rends compte que c'est le festival de Dour. D'ailleurs, quand plus loin, je demande ma route, on m'indique le festival avant même d'avoir cherché à comprendre où je veux aller...
C'est loin d'être évident de trouver sa route, en Belgique. Souvent, le nom des routes n'est pas indiqué, pensant que la direction suffit. Moi, en vélo, la nuit, fatigué et sous la pluie, ça ne me suffit pas. Je me perds...
Je me retrouve à un moment donné sur une bretelle d'autoroute, rien n'indiquant que c'est une route interdite aux vélos.
Finalement je finis par trouver Baudour, puis Chièvres, Lessines et Deux Acren. Vous ne pouvez pas imaginer le bonheurs que me procure le seul fait de savoir que je roule sue la bonne route, et pas en train de me perdre une fois de plus. Plus les kilomètres passent, plus je m'aperçois que j'avais sous estimé la distance à parcourir en Belgique. Mais je vais vite. Étrangement puisque je devrais être exténué, mais non. Je ne sens plus rien. Comme si l'envie d'arriver m'avait donné des ailes. Pédaler est devenu un réflexe qui ne me demande plus d'effort. Et je trace, dans la nuit, en espérant qu'il n'est pas trop tard...


Lessines... Et puis Deux Acren, enfin. Un nouveau cri de joie. Le cri du coeur, celui du vainqueur de l'étape. Le cri de la victoire sur la résignation. Un cri de fierté peut être aussi quelque part. Je l'ai fait ! Seul ! Sans autre soutien que ma détermination. C'est possible... La preuve... Encore faut-il retrouver la maison. Je n'ai pas l'adresse, juste quelques souvenirs de l'année précédente. La première rue à droite en face de l'église. Quand j'y arrive finalement, l'exactitude de mes souvenirs est confirmée. Je suis heureux. Épuisé, mais heureux...

J'ai vu sur le clocher de l'église qu'il est une heure du matin. Il n'y a pas de lumière dans le bâtiment, ni de sonnette. Je frappe, je siffle, en vain... Je n'insiste pas de peur de réveiller et déranger les habitants ; et décide de chercher, plutôt, un endroit où m'installer. Je trouve un porche, bien abrité du vent et de la pluie, un plancher, un matelas...

Deux Acren






Vendredi 18 juillet 2008


JE me réveille et je rencontre les gens qui sont levés. Je me met au jus du fonctionnement de la maison. J'apprends beaucoup sur les personnes qui vivent là, sur la Belgique. Ces gens sont passionnants, de même que leurs vies et leurs culture(s). Le soir, j'ai droit à une projection privé de Gerda 85, un film réalisé par Gélise et Nic, qui vivent ici. Un film comme j'aime et qu'on a pas assez l'occasion de voir au cinéma. www.gerda85.be


Samedi 19 juillet 2008


J'aime cet endroit où je suis. C'est reposant. J'en ai besoin après ces 700km en une semaine. J'ai aussi besoin de temps pour tout mettre à jour, m'occuper de mon matériel pour être prêt à repartir dans les meilleures conditions. Et puis je prends le temps de faire des gauffres... Qu'il est bon de n'avoir pas d'impératifs...


Dimanche 20 juillet 2008

une journée de plus passée essentiellement sur internet, pour ce blog entre autre. Mais aussi à avoir des discussions, des plus intéressantes (« Dieu existe, comme Rahan et le père noël... Ils existent et ils ont même des effets... » Binam' )

Je vais aussi à Ogi, voir un défilé de géants. C'est surréaliste de voir ça dans un village à notre époque.





Demain je serais sans doute à Gent...

Gent

lundi 21 juillet

Depart de Deux Acren sous la pluie. Vent de face. Heureusement qu'il n'y a que 45km...
Je suis la voie cyclable, le long de la nationale.

Je vais au Poema, une station service squattée, c'est un vieux qui au bout de 10 min vient a la porte. Il ne parle pas anglais, et refuse de m'ouvrir si je ne lui parle pas en flammand...
Je laisse tomber. Du coup, je travers la ville jusqu'a Noodzaak.

http://noodzaak.tk/












Ici, je peux rester, c'est hyper grand, surement une ancienne usine ou des entrepôts industriels. Il a l'air de s'y passer des trucs chouettes, mais tout le monde est en vacances, et les autres sont aux fêtes de Gand. Autrement dit, c'est mort.
En plus les gens ne parlent que flamand ou presque, difficile de se faire des amis dans ces conditions. Pour la premiere fois depuis mon depart, j'ai franchi la "frontière" de la langue, et c'est pas super agréable.

Le soir, je suis un depart pour les fêtes de Gand, je me retrouve a passer la nuit dans un concert de Breakcore. J'aime pas ça, cette musique sans alcool ni drogue, c'est vraiment pénible. Je ne peux pas rentrer, je n'ai aucune idée de là où je suis et dehors il fait terriblement froid. On doit partir de cet endroit vers 7h du matin. On rentre dormir à un autre squat, plus dans le centre que Noodzaak. C'est l'ancien ministère des finances et c'est gigantesque, c'est tout ce que je sais. Je m'endors dans un canapé.


Mardi 22 Juillet

Un mec me réveille en criant par la fenêtre ouverte. Il m'explique des choses que je ne comprend pas, en flamand d'abord, et puis en anglais aproximatif ensuite. Le lieu a été vendu et il faut qu'on s'en aille tout de suite, ou il appelle la police. Dans la maison, on n'est que deux (et l'autre non plus n'est pas d'ici, il est arrivé le matin même comme moi). Les habitants, pour moi, sont un peu inconscients de partir la fenêtre ouverte avec juste deux personnes qui n'ont rien à voir, alors que l'ouverture n'a pas uns semaine...
Un mauvais moment, et pas vraiment beaucoup de bons, il va être temps de partir...

Bruxelles





Mercredi 23 juillet

Fuir Gand pour rejoindre une ville que j'aime : Bruxelles... Rien de particulier quant au trajet, j'arrive à la maison de Neder, la maison que j'aime, où il y a toujours des amis, parfois certains que l'on ne connait pas encore, mais s'ils sont là c'est qu'ils doivent être des amis... On me propose une soirée moules frittes, malgré mon végétarisme, j'accepte. Il y a plein de gens à la maison, certains que j'ai croisés, des visages qui ne sont pas inconnus, mais dont je suis incapable de me rappeler où je les ai déjà vus ; d'autres que je n'ai jamais vus. Une belle soirée, à écouter de la vieille new wave... avant d'aller regarder un film, et tous se coucher dans la même chambre...







Cette maison, que j'appelle La maison, c'est pas un squat, c'est juste une grande maison a trois étages, dans la banlieue Bruxelloise. Plein de gens y vivent, beaucoup d'autres y passent, peut être qu'on peut qualifier ces gens de queer, mais j'aime pas mettre les gens dans des petites boites, ou leur coller de étiquettes, comme sur les boites de conserves du supermarché. C'est juste une maison collective où je me sens bien, où l'oppression n'existe plus et laisse place a la fantaisie, et permet respirer un instant la liberté.

Pour ceux qui ne le savent pas, "Queer" `l'origine, ca voulait juste dire "étrange" en anglais. C'étaint un terme péjoratif pour désigner les homos, les lesbiennes, les trans et autres déviants sexuels... et puis des gens, ont décidé un jour d'être fier d'être queer, fier d´être différents. D'imaginer l'inimaginable en metière de sexualité. De refuser l´hétéronormalité comme dogme abolu et inaliénable en matière de rapports humains... Pour moi, queer c'est une facon de se positionner politiquement et radicalement contre l'hétéronormalité. Ca ne veut pas dire être homo comme j'ai parfois pu l'entendre. On fait bien ce que 'on veut avec notre cul... Peut importe le genre, on se fout pas mal d'être un homme, une femme, une tappette, une butch ou ce que l'on veut... Etre queer, c'est aussi aller radicalement contre l'image marchande de l'homosexualité que l'on peut constater lors des gay prides. C'est beaucoup de choses, c'est un peut ce qu'on veut, ca dépend des individu(alité)s. No master, no limits...

Jeudi 24 Juillet

Écouter de l'electro cheap en se décolorant les cheveux, des gens qui arrivent à toute heure, du jour ou de la nuit... Et puis, trois personnes (dont moi) qui se retrouvent à porter la même couleur de cheveux, un rose fushia, de quoi briller en société...






Vendredi 25 Juillet

Une après midi à bichonner mon vélo, dans un atelier vraiment sympatique, avec Pascal pour m'apprendre ce que je ne sais pas encore... (point velo)


Et puis un passage au 123 rue royale. Un projet un peut surréaliste... Après avoir squatté trois moi un monastère du centre ville... ils on maintenant un bail précaire pour un bâtiment immense, 7 étages rue Royale... pas loin de 60 personnes vivent . Des individualités radicalement différentes qui se côtoient. C'est un peu bizarre, en même temps, tout et rien n'est possible, de part la taille du bâtiment et le nombre d'habitants...




Pour finir cette journée, un concert au Dada, un petit bar sympatique du centre ville(pas loin de la grand place). Au programme, Napalm Breath et les Slugs (une occasion de recroiser Binam'). Toujours pas envie de faire de report. Et puis un "after" au recycl'art, une ancienne station de métro reconvertie en boite de nuit/salle de concert...

Samedi Dimanche Lundi... récupération, deux anniversaire et préparation de la suite, j'abandonne l'idée de passer par Liège, je contacte ce que je peux trouver de squats en hollande sur internet... à vrai dire, j'ai du mal à quitter Bruxelles.


Bruxelles - Utrecht

Mardi 29 Juillet

Je décolle a 9h. Je met des plombes a sortir de Bruxelles. Les gens à qui je demande de l'aide n'arrivent pas à penser les itinéraires pour les vélos, parfois, il ne parlent pas anglais non plus, juste flamand. Mais bon, comme d'habitude, après de longs et hasardeux détours, je finis par arriver sur ma route. Je suis un canal, quand le bitume n'est pas trop défoncé par les racines des arbres, c'est plutôt agréable...
Malgré le bonheurs des bandes cyclables belges, ca manque d'indications efficaces. Régulièrement, je me retrouve à un carrefour en me demandant quelle direction prendre. A un moment donné, je me trompe, je descend le canal plus que prévu. En soi, c'est pas très grave, sauf qu'il n'y a (presque)plus de ponts. Un canal et un rivière a traverser successivement pour être du côté d'Anvers.Je traverse le canal grâce à une sorte d'écluse géante, qui me paraît bien compliquée. Après trois ou quatre essais, à me retrouver bête devant un barrière fermée sans pont derrière, je finis par changer de rive une première fois. Et 500 mètre plus loin, je trouve un bac...




C'est le seul moyen de traverser. Il y a un aller/retour toute les demi heures. A la fois je suis frustré de devoir m'arrêter de devoir m'arrêter, a la fois, c'est hyper intéressant. Les centrales électriques, les pilonnes haute tension et les éoliennes géantes empêchent que ce soit vraiment beau, mais c'est typique. Ensuite, j'arrive très vite à Anvers. Des gamins, des indiens je crois, profitent de mon arrêt dans une boulangerie pour essayer de voler quelques unes de mes affaires. La technique on arrive à 7 et on t'embrouille est efficace. J'ai l'impression de beaucoup les amuser. Un commerçant vient à mon secours en faisant partir les merdeux. Je continue,en me demandant comment je vais arriver à sortir de la ville du bon côté. Je pratique ma technique habituelle : m'enfoncer dans le centre ville en cherchant des plans dans les abris bus ou derrière un panneau publicitaire. Je ne trouve rien qui puisse m'aider. Je demande, on m'indique. Je redemande, on m'indique à nouveau ; et j'avance comme ca, petit à petit. A Merksem, quand je passe à côté d'un magnifique parc, j'ai faim et soif, alors je m'arrête remplir mes bidons et manger mon riz blanc préparé la veille.
Après quoi je prends la N1 (la piste cyclable qui la longe plus exactement, sur les voies rapides, les vélos n'ont pas à circuler sur la même route que les engins à moteur mortifères). 70km de ligne droite. Il fait bon. Avec de la New Wave dans les oreilles, ca passe tout seul. Presque comme une sieste dans un hamac au début de l'automne...
Je passe la deuxième frontière depuis le début de ce voyage. La seule différence est la taille des maisons, qui me semblent énormes ici, en Hollande, et puis la qualité des voies cyclables, un peu plus accidentées qu'en Belgique.
Par contre, très vite, je trouve un système d'indications pour vélos qui m'impressionne. Les voies cyclables sont rouge brique(parfois même pavées de briques) et il y a (presque) partout de panneaux, rouges aussi, de la même taille et parfois parmis ceux pour les motorisés. Il est normal de trouver des panneaux qui indiquent les voies cyclables pour les villes jusqu'à 50km à la ronde... C'est parfait ! sauf qu'il y en a tellement qu'il arrive qu'on doive faire des détours et emprunter des "échangeurs" de voies cyclables. Il faut dire que lorsque les pistes cyclables longent les autoroutes, ça devient utile...






L'après midi avance, moi aussi. J'attrape une douleur dans le genoux droit. Supportable mais pénible ; c'est quand même moins facile d'avancer quand chaque coup de pédale est douloureux. Mais je refuse la douleur, je n'ai pas le choix.
A 18h, j'arrive dans Gronichen, au premier rond point il n'y a plus d'indications cyclistes... je pose le pied à terre pour réfléchir à la direction à prendre. Et je vois alors un homme d'une cinquantaine d'années accourir. Il me propose son aide. Je lui indique je vais et lui demande je peux trouver de l'eau. Il va remplir mes bidons chez lui, et me propose de m'accompagner jusqu'à la sortie de la ville. Je le suis, abasourdi par cette hospitalité. Il sort un vélo de course en carbone, un bête magnifique comme je n'en vois que sur catalogue. Ensuite, je n'ai qu'à suivre une rivière qui va jusqu'à Utrecht.
J'arrive au squat en début de soirée. Il n'y a que deux personnes, Gemma et Oppoe (ex container crusties from hell, Hysteria). Un bel endroit, qui s'apelle BikeWars...



Utrecht

Mercredi 30 Juillet

Les Hollandais parlent anglais entre eux, ils aiment ça. Pour moi, c'est terriblement agréable. Je ne suis pas exclu par la barrière de la langue...

Pas mal de gens arrivent au squat, dont des Roumains, Denisa, Adina et Claudio. Le squat se vide avec le départ pour la Croatie des habitants, et on se retrouve entre personnes de passage : Linda une Espagnole, les Roumains et moi.
Je discute avec les roumains, j'essaye de comprendre comment ca se passe bas. Je suis impressionné par les différences avec le monde que je connais... Le mieux est sûrement d'essayer de reconstituer cet échange de questions/réponses...


Est-ce qu'il y a beaucoup de fascistes en Roumanie ? Est-ce qu'ils sont forts ?
-Non, il n'y a qu'un parti, mais c'est plus un parti d'extrême droite, peu puissant ; non, il n'y a pas de fescistes.

Quelle est la situation politique actuelle du pays ?
-C'est le parti democrate qui est au pouvoir, c'est plutôt a droite.

Est-ce qu'il y a des mouvements sociaux, des grèves en Roumanie ?
-Non, pas vraiment. Il y a eu, il y a deux ans à peu près, une grève. Mais ca n'avait rien a voir avec un mouvement social, cela concernait juste une entreprise et ses employés.

Mais alors comment les gens expriment leur mécontentement ?
-C'est plutôt calme a Bucarest.

Je comprends pas, soit les gens sont heureux, soit ils ferment leur gueule ? Les gens sont heureux en roumanie ?
-Non, enfin oui, plutôt. Les gens ont connu tellement pire qu'ils trouvent que ca va plutôt bien. Sous le communisme c'était tellement pire...

Est ce qu'il y a des squats en Roumanie ?
-Non. On peut pas. Si on squatte, on se fait expulser par la police.

Est-ce qu'il y a des concerts punks ?
-Oui, parfois. Dans des salles où il passe toute sortes de musiques.

Parce que je ne connais pas de groupe punk roumain. Y a-t-il des groupes punk en Roumanie ?
-Non, quand il y a un concert, les groupes viennent d'ailleurs.

Est-ce qu'il est possible de ne pas travailler en Roumanie ?
-Oui, tu peux, t'es pas obligé de travailler.

Oui, mais est-ce effectivement possible ? L'Etat donne-t-il de l'argent ? On peut faire des récups ?
- Non, il a des aides sociales. Si tu travailles trois ans, tu as droit à 30€/mois pendant un an. C'est tout.

Donc, c'est pas possible. Tu dois travailler pour vivre.
-Oui, tu dois travailler.

J'imagine qu'il n'y a pas d'émeutes non plus en Roumanie ?
-Non.

Est-ce que la police est puissante ?
-Oui, très.

Les flics sont ils armés ?
-Oui, mais ce sont les militaires qui ont les armes à feu. En fait ils sont toujours deux : un flic et un militaire. C'est des patrouilles en binôme armée/civil. Mais ils ne s'attaquent pas au vrai problème.

C'est quoi le vrai problème ?
-La corruption, mais à haut niveau, la corruption politique. Ca, c'est le vrai problème.

Qu'est-ce qui a changé depuis le communisme ?
-C'est mieux. Ca va de mieux en mieux petit a petit. Mais c'est toujours les mêmes qui sont au pouvoir. Democratie ou pas, à ce niveau là ca ne change pas grand chose. Les puissants sont les mêmes.

C'est quoi le salaire moyen/minimum en Roumanie ?
-Ca dépend. Moi par exemple, je travaille 2/3h par jour et je gagne 120€ par mois. Quequ'un qui trqvqille a plein temps gagne 300/400€ par mois.

C'est tout !?
-Oui, mais on vit bien avec 400€ en roumanie.



Jeudi 31 Juillet

Ayant passé toute ma journée tout seul. Le squat étant maintenant complètement déserté, je décide d'aller voir ailleurs. J'ai une autre adresse de squat dans le centre ville. C'est plus un espace d'habitation qu'un espace d'activités, mais j'ai envie de rencontrer de nouvelles têtes. L'endroit s'appelle Ubica.





C'est énorme, hyper bien aménagé. Ca fait une vingtaine d'années que c'est squatté. C'est vrai qu'en france on a pas l'occasion de pouvoir s'installer dans un squat pendant 20ans...
Dans l'entrée, je trouve un carte d'Europe avec des squats et des photos des endroits indiqués. En France, il y a une photo des Tanneries.

S'il n'y a pas d'activités publiques dans ce lieu, c'est pour des raisons de sécurité incendie. Légalement, ils ne peuvent pas occuper le dernier étage et ne peuvent recevoir plus de 5 personnes à la fois.
D'ailleurs ils ne sont que 3 dans ce grand espace. Décidément tout le monde est en vacances.

J'apprends en relevant mes mails qu'il y a un festival antifasciste qui commence demain a la Haye. Voilà le suite de mon voyage toute trouvée...

Den Haag


Vendredi 1er aout

Le soleil est apparu et au même moment, la pluie c'est arrêtée.
Je quitte Bikewar laissant le lieu vide de tout habitant. Et encore une fois, j'enfourche mon vélo. A peine 70km à faire...
C'est le vent qui a chassé les nuages, et c'est luis aussi qui va m'empêcher d'avancer. Je vais devoir l'affronter jusqu'à La Haye. C'est pas forcément parce que c'est plat que c'est facile d'avancer...
Je croise des hérons et des oies. Il n'y a qu'ici que j'ai vu ces oies sauvages, chercher de la nourriture aux carrefours. Les maisons sont toujours aussi imposantes et massives.En plus du vent, je dois aussi, à un moment donné, traverser 1km de piste cyclable défoncée, avec des trous grand comme des poids lourds, pleins de sable. Chargé comme je suis, je m'y enfonce comme dans du beurre...
Et puis j'y arrive enfin, je croise les mouettes et respire l'iode avant de voir la mer. Je trouve une plage, plein de de vacanciers, des kite surfs par dizaines, des marchands de glace et de beignets.

Je n'avais pas vu la mer depuis le mois de décembre, quand j'avais traversé la Manche pour revenir en France. C'est impensable le bien que ca fait, de pédaler 1000km et d'arriver sur la mer. De trouver une fin a la route. Un espace inexplorable avec ma petite reine. de se confronter a la finitude de la Terre. C'est comme une récompense aussi, parce que malgré tout, c'est beau un coucher de soleil en bord de mer.

Et puis j'arrive au Piratenbar, de l'extérieur, c'est un ancien entrepôt du port. En vrai, c'est un espace autogéré magique, avec un café, une salle de concerts autoconstruite (en tenant compte de l'acoustique), une salle de répet, des entrepôts, des ateliers de mécanique, d'art, de vélo et de tout ce qu'on veut... et puis une partie habitation, très coquette.

Je plante ma tente sur un terrain mis à disposition pour le festival, et je vais me perdre en ville.
...

Dans le café il y a de la bouffe, et plein de gens qui viennent manger. Au début, je pense que c'est pour le festival, et puis non, en fait, c'est une sorte de restaurant autogéré : Water & Brood. Ca existe depuis 15 ans. C'était ailleurs avant, et ça c'est retrouvé , je ne sais comment dans ce Loc@l Pirata. Comme ca existe depuis longtemps, ca a acquiert une certaine renommée, les gens savent qu'on y mange bien et il faut réserver. Plein de vieux, et même des familles qui à priori n'ont rien à voir avec le milieu squat viennent manger . C'est étrange quand on vient de France, mais ça fait plaisir de voir un couple de 70 ans se régaler d'un repas vegan au Local Pirata.




Encore un concert, et toujours pas envie de le raconter. Quatre groupes dont deux excellents : This routine is Hell et GBO. Quelques jus de fruits bio et parties de baby foot. Du temps passé a regarder des punks jouer au billard américain. Envie de faire des photos, pas assez de lumière. Une belle soirée, bien que parfois empreinte de solitude. Un peu avant 4h, je vais me coucher, dans ma tente les hautes herbes me font comme un matelas, je suis bien et je m'endors...








Samedi 2 août

Quand je me lève, je trouve des gens pas tout à fait réveillés, assis en terrasse du restaurant. Il y a u café, et du pain, avec plein de trucs à tartiner, gratos... c'est bien.

A 3h, il y a la "reclaim the streets" antifa. Un sound system qui diffuse du break core et de la techno, une centaine d'antifas bien sages, encadrés par la police . On marche, tout est calme, ennuyeux. Heureusement, il y a les tall bikes qui sillonnent le rassemblement. Quand on s'arrête, la pluie commence à tomber.







J'arrive au local pirata trempé et affamé. Il y a toujours le restaurant, mais je n'ai toujours pas réservé.
Je rencontre deux Allemands, un vieux baroudeur et un mec de cologne. Je m'ennuie en attendant la bouffe et le concert. Au menu, frites et houmos, 50cts pour un cornet de frites et la même chose pour un sandwich au houmos, auquel on peut ajouter des légumes a sa guise.
Trois groupes dont Power is Poison, c'est d'ailleurs le seul que j'apprécie vraiment. Après quoi ca change d'ambiance pour devenir un Teuf techno jusqu'à l'aube.
Je vais me coucher plutôt que de subir ça.

Amterdam

Dimanche 3 Août

Il pleut, il est 11h30 et je viens de me lever... On a droit au meme accueil que la veille : café et pain gratos, ca le fait. J'hésite a regagner Amsterdam. Peut etre vaut il mieux attendre le soleil ? Je vais voir la météo sur internet. Pas brillant aujourd'hui et ca n'a pas l'air de vraiment vouloir s'améliorer les jours suivants... Autant donc, faire au plus rapide et y aller directement. Je plie ma tente sous la pluie, et un peu après 4h, je quitte La Haye. On m'aconseillé de suivre la plage vers le nord et de prendre a L'est vers Amsterdam plus tard. Je suisces recommandations, en effet, il est nettement plus agréable de traverser les dunes sauvagesplutôt que de suivre l'autoroute. Le paysage est magnifique, bien plus beau que ne le sont mes photos...





Je monte au Nord en espérant trouver à un moment donné des indications pour Amsterdam. Mais rien. Alors je commence à aller à l'est... mais toujours rien. Je vais un peu au hasard. Je me perds plus ou moins: Je ne comprends pas Pourquoi je trouve les indications pour tous les bleds sauf Amsterdam. Ce n'est que 10km avant d'arriver que je trouve le premier panneau. Il pleut, je déteste ca, mais il faut avancer. J'avance, à tâtons.

Une fois dans la capitale en regardant de temps à autre les cartes des arrets de bus, je trouve facilement Verbindingsblok (http://www.verbindingsblok.nl/) et Maikel, que j'avais rencontré 3 semaines plus tot aux Tanneries. Il m'emmène au SWOMP un peu plus loin. Un terrain vague squatté par un fort de palettes et 3 caravanes.

SWOMP c'est une abréviation, en anglais ca donne Smart Trailer People on Nice Locations. En fait un an plus tot, ils voulaient occuper une ancienne école, vide depuis presque un an - il faut savoir qu'on a le droit, en hollande, d'occuper un lieu s'il est vide depuis au moins un an - les autorités locales l'ont appris et se sont alors dépêchées de démolir l'école: No building, No squatters... Donc ce SWOMP est une action: Cela fait maintenant 3 semaines et ils attendent l'expulsion tous les jours. Cela se veut etre un espace "écologique". Il se revendiquent de "l'Environmental Movement" et de Groenfront (http://www.groenfront.nl/), la branche hollandaise de Earth First (http://www.earthfirst.org/). Erth First n'est pas une organisation, c'est un mouvement (comme l'Animal Libération Front (http://www.animalliberationfront.com/), non-violent mais sans compromis ni reddition. Ils ont donc mis en place des systèmes de lock-on et d'occupation des arbres pour rendre l'expulsion plus difficile. Il ont aussi mis en place une pompe qui capte l'eau souterraine (qui n'est vraiment pas profonde a Amsterdam, ils n'utilisent pas de produits chimiques, que du biodégradable, ils ont le projet de mettre en place un système de production d'énergie renouvelable (après mon passage, j'ai pu voir sur le site de groenfront les photos des panneaux solaires), mais surtout, ils on mis en place un jardins d'expérimentation de permaculture en bacs. Ca leur donne beaucoup de crédibilité face aux voisins et habitants du quartier et face aux autorités. 12m3 de terre et des belles choses qui poussent...







Après une douche chez Maikel, je descends au café Eigenaardig la projection de "It's a free world " vient de finir, et je rencontre des espagnols et un autrichien. Je récupère "De Black List" (quand on a le net, ca marche aussi pas mal :http://radar.squat.net/), le truc le plus utile que je puisse trouver, avec le programme, la description et les adresses de tout ce qui se passe dans l'Amsterdam underground (le milieu squat élargi). Il y a des trucs tous les jours. C'est assez dingue...

Lundi 4 aout

Alors que j'avais prévu d'aller à un atelier vélo, je reste au Swomp, avec Alex, Filip et Linder. J'apprends plein de choses, sur le SWOMP, le squat, Earth First et Amsterdam. Ils s'entraînent a grimper a l'arbre avec juste une corde.



Le soir je vais a une soirée queer au Vrankrijk (http://www.vrankrijk.org/). C'est un beau lieu, mais la soirée est un peu déserte...

Mardi 5 aout

C'est mon jour de squatter touriste... je me met en quete d'aller voir les endroits "intéressants" d'Amsterdam. Je commence par la librairie anar, et puis je cherhche a réparer mon vélo. Je vais dans un magasin qu'on m'a indiqué. C'est un magasin "normal" mais la plupart des employés sont des squatters. Je seul qui y est quand j'y vais me conseille et me confirme que tout va bien sur mon vélocipède.
Je repasse au SWOMP avant d'aller au Bollox café. Sur le chemin je prends une amende pour etre passé au feu rouge en vélo (c'est la bike patrol qui est responsable de cette amende, à Amsterdam, meme les flics sont en vélo), on me demande 60€...
Après quoi je passe au Barcelona, un squat au Nord d'Amsteram (http://squat.net/barcelona/). Il doit y avoir normalement le free shop ouvert et le "day café" mais il y a eu une tentative d'expulsion, où ils ont été plus forts que la flicaille et on gagné une première bataille !! (respect) mais depuis ils consacrent leur énergie a un savant barricadage et on arreté les activités publiques. Quand j'y arrive le travail de baricadage de la journée et fini. On me conseille d'essayer de repasser le lendemain.
Enfin, je retourne
au café Eigenaardig où cette fois après un choix non démocratique on peut voir "Zabriskie Point".
J'y retrouve Erwin, un pote que j'ai rencontré au SWOMP et qui m'invite chez lui, dans son bateau squatté...







Mercredi 6 aout

Une journée de repos, profitant de mon dernier jour a amstedam dans cet endroit très accueillant que ce bateau squatté.











Je me baigne dans l'Amstel. Et le soir, je vais voir Utopia, un documentaire sur la guerre d'espagne, au Joe's Garage, encore un squat sympatique dans cette ville de squats (http://joesgarage.nl/).


De l'eau et des moulins en Hollande, et pres de 500km...

Jeudi 7 aout

Levé a l'aube. Départ peu après 8h. Le ciel n'est pas au beau fixe, mais ca devrait aller. Je sors d'amsterdam sans problème grace aux ndications. J'avance, et a 15 ou 20 km de mon départ, il se met à pleuvoir. Doucement d'abord. Et puis c'est l'averse, orage et trombes d'eau. Je cherche un abri pour attendre que ca passe, en epérant que ca passe. Je trouve un garede campagne: Je m'assieds sur un banc abrité, sur le quais. Je rencontre une anglaise, un peu perdue qui me fait la conversation, pendant que je prie pour que ca s'arrete, et vite si possible, j'ai ecore plus de 200km a faire...
Dès que ca va mieux, je repars. Il est 10h passées... Je m'arrete toutes les 10minutes, pour des pauses pipi, surement le théque j'ai mis dans un bidon. Je me perds, je cherche un pont et les indications n'indiquent que les villes sur la rive où je suis. Je me retrouve à longer l'embouchure que je veux traverser. C'est beau, mais je perds un temps précieux et beaucoup d'énergie : j'ai le vent deface et e dois fournir des efforts considérables pour avancer. Je trouve le pont. La pluie s'arrete. J'ai maintenant normalement 50km à faire en longeant la nationale, toute droite. Je met mes écouteurs sur mes oreilles, histoire de me donner du courage, de m'occuper l'esprit et que ca passe plus vite surtout...
Mais les voies cyclables, dans la réalité, ne suivent pas la nationale, et me promènent a travers champs et forets. Ce doit etre bucolique avec du beau temps, mais là, j'ai pas tellement envie de faire des détours...
Je finis par m'en sortir (après une paire d'heures) et je traverse un pont à nouveau pour revenir sur le continent. Depuis quelques kilomètres, il s'est remis à pleuvoir. Je m'étais pourtant promis de ne plus rouler sous la pluie...
Je me trompe de route, et encore quelques kilomètres superflus. Je m'arrete acheter a manger et je croise une horloge, 15h30... Je pense n'avoir pas fait 100km... ou tout juste... Je commence à etre beaucoup moins confiant. 15km plus loin, je m'arrete pour manger, il est grand temps de prendre un repas.
Il ne pleut presque plus. Juste au moment où je finis de ranger mes affaires, j'entends un grand vacarme derière moi, le tracteur qui vient de passer allait trop vite et a renversé sa remorque. Au vu des mouvements qui l'animent, il y a des animaux a l'intérieur. Quand c'est remis d'aplomb, à l'aide d'un autre tracteur, je vois deux vaches, terrorisées, qui viennent de passer de force, sans comprendre ce qu'il leur arrive, un quart d'heure l'une sur l'autre, couchées sur le coté. Ca fait rire le paysan, pas moi.
Je repars. Il se remet à pleuvoir. C'est inimaginable à quel point ca m'affecte le moral. Je me demande ce que je fais là, à pédaler comme un forcené sous la plui. Et je me rapelle à quel point je n'aimais pas passer 8h assissur une chaise, à écouter les propos plus ou moins dignes d'intéret d'un professeur. Je suis vingt mille fois mieux ici, sous la pluie, a traverser la hollande en vélo... Et c'est alors que je prends cnscience pour la première fois, que je suis en train de vivre l'expérience la plus excitante de ma vie (de ce qui m'a été donné de vivre jusqu'à présent en tout cas). Il m'aura fallu pédaller plus de 1 000km pour me rendre compte que je réalise mon reve, mon phantasme de gamin. Partir en vélo, tout droit, sans rentrer à la maison le soir, etcontinuer... a la découverte du monde.

Autour de moi les fermes hollandaises, énormes et massives, sont couvertes, parfois, de chaune. Les vaches, les chevaux et le moutons paissent cette herbe grasse qui pousse dans le sable sous le niveau de la mer. Depuis que j'ai quitté la Belgique, l'eau est partout, quand elle ne vient pas s'écraser en rouleaux sur les plages, elle tombe du ciel, mais partout elle circule ou stagne dans ces cannaux qui longent les routes, limitent les parcelles et quadrillent les terres.

A 19h le miracle arrive : le soleil perce à travers les nuages et vient me réchauffer et me sécher. Tout a coup, les nuages s'écartent pour laisser place au ciel bleu. Encore une fois, vous ne pouvez pas imaginer le plaisir que ca me procure. Le calvaire, au moins pour un moment, est enfin fini. Ca me redonne le moral et je retrouve l'énergie qui m'a manquée tout le journée. Le vent me pousse maintenant et je vais alors plus vite, bien plus vite, avec des efforts moinres. Et pourtant la nuit ne va pas tarder à tomber et je vais devoir penser à trouver un endroit où passer la nuit. Je décide de asser la frontière quand meme. Une première nuit en allemagne sera pour moi comme une petite victoire, petite parce que j'avais prévu d'aller plus loin. Mais une victoire quand meme, parce que ca a été l'étape la plus dure depuis mon départ, psychologiquement surtout et que j'ai été lus fort, je n'ai pas renoncé et j'ai continué d'avancer, aussi vite que mon moral me le permettait.
Quand je passe la frontière. ca fait 12h que je suis parti. 12h sur mon vélo a affronter les élements, excepté le temps passé a manger, pisser et attendre que l'averse passe.
J'ai décidé d'expérimenter la demande à l'habitant, pour planter a tente dans un coin de jardin. La première personne a qui je m'adresse ne parle qu'allemand ; je laisse tomber. La deuxième m'indique un camping où parait il, je peux mettre ma tente gratuitement. Je m'empresse d'y aller. C'est un camping tout ce qu'il y a de plus normal, avec peu de tentes et beaucoup de camping cars, et pas mal de mobile homes. Je trouve le patron et lui demande si je peux planter ma tente pour la nuit gratuitement. Il accepte.


J'aurais donc des conditions de vie supérieures à ce que j'avais prévu. Pour 50cts, je prend un douche bouillante, la dernière datant de lundi ca me fait un bien inimaginable. Je me rase aussi, ca ne m'étais pas arrivé depuis Bruxelles et ca change quand meme mon visage. Je fais chauffer ma boite de 700g de haricots à la tomate, que j'engloutis avant de m'écrouler, pour une courte nuit de someil...

Vendredi 8 aout

Je n'arrive pas à me lever ; alors que mon réveil sonne à 6h, je ne sors de mon duvet qu'à 7h30... Quand j'ouvre la tente, je découvre un ciel bas, gris, un ciel d'orage, humide. Je repense à ma décision de prendre le train en cas de pluie. Et puis non, tant pis: J'ai décidé de faire ma mission Amsterdam-Hambourg en 2jours, alors je la ferais, pluie ou pas pluie. J'ai décidé d'etre le plus fort.
Le temps de plier ma tente, il est 9h. C'est pas gagné de faire plus de 230km dans la journée.
Ca se découvre peu à peu. A un moment donné je trouve un panneau vert avec unvélo et le nom de la prochaine ville où je vais. Je suis. C'est tout sauf droit et direct. Il est clair que c'est agréable et qu'on est pas dérangé par les voitures... ca me perd dans les ois, l'asphalte laisse place à un chemin de sable. Je m'enfonce et je peine alors que ces panneaux continuent de me promenner : 100m à droite, 200m à gauche... Je finis par y arriver, mais après deux fois plus de temps que ca ne m'aurait pris d'aller tout droit. Encore un de ces aménagements pour touristes qui s'ennuient le week end.

J'arrive à Haselünne, je m'arrete a l'office du tourisme pour demander des cartes vélo et, sait on jamais, des informations quant à comment traverser la mer avec mon vélo: Ils me donnent une carte du canton avec des circuits touristiques cyclables dans les 30km à la ronde... Et rien pour le Danemark. Quand je sors, un metaleux avec un tee shirt Slipknot me tape la discute. Très sympatique pour quelqun qui écoute de la si "mauvaise" musique.

Il se met à pleuvoir. J'arrive à Löningen, là où j'avais initialement prévu de passer ma nuit. Il me reste 200km à faire... c va etre dur, je vais arriver tard, mais je serais tellement content de moi.

Je longe les nationales, sur les voies cyclables. C'est moins joli, mais ca va tellement plus vite que de suivre les panneaux verts... En fait, il semblerait qu'ici en Allemagne, il n'y ait d'indication spour les vélos que quand ils ne peuvent suivre la route des voitures, sinon, il faut regarder les panneaux des voitures.
Avant d'arriver a Wildeshausen, dans une cote, mon vélo se met à avoir des comportements bizares: Je regarde ma roue arrière et constate ma première crevaison en plus de 4000km de voyages cyclistes. Pourquoi aujourd'hui ? Je m'habrite sous un arbre, trouve le morceau de verre incrusté dans mon pneu, change la chambre et regonfle. A mon dernier coup de pompe, la valve casse... Je n'ai plus qu'à recommencer et à mettre une rustine sur l'ancienne chambre.
Quand je repars il est 17h... Ca y est, je l'admet, j'y arriverais pas. Hambourg est encore trop loin pourque je j'y arrive avant la nuit noire. C'est l'échec. A cause, beaucoup, des conditions. Mais dans tous les cas je dois continuer.
Je ne trouve pas la route pour Bremen. J'en suis une autre, une nationale, c'est moins direct, mais c'est la bonne direction. J'en ai marre de chercher.

Arrivé a Breme, je croise un punk qui fait la manche devant un supermarché : je lui demande en Anglais s'il connait un squat ou un endroit pour passer la nuit gratuitement. Il ne parle qu'Allemand. Il interpelle quelqu'un pour servir de traducteur. On me traduit que c'est peut etre possible chez lui, mais il faut qu'il demande à sa copine. Je le suis jusque chez lui, sa copine ne veut pas. Il est désolé. Je continue. Je passe devant la gare,où pleins de punks à chiens picolent. Je me dis que j'aurais peut etre plus de chance ici. Je demande si quelqu'un parle Anglais. Il n'y a qu'une fille, Myriam. On discute, elle leur demande. Et ils répondent en braillant que je n'ai qu'à prendre le train pour Hambourg. Myriam n'habite pas en ville, mais à deux stations de train. Elle m'explique que derière la gare, il y a un grand batiment où ils n'appellent pas les flics si on dort devant. Je vais voir: Le temps incertain ne me donne pas envie de tenter la nuit de clochard. Et puis j'aime pas m'allonger sur du béton. Alors je trouve un park, et un endroit pour planter ma tente, sous un gros conifère, à peu près à l'abri des regards délateurs. Et puis la nuit commence à tomber, alors je ne devrais pas avoir trop de problèmes...

des dessins/Drawings from Axel

Je viens de recevoir des jolis dessins d'Axel, et c'est trop la classe, alors je vous les fait partager, (pour voir les encore plus de dessins et de photos de chiottes, tu peux aller trainer là : http://axels.canalblog.com)

I just received drawings from Axel, I love them, so I share them with you (for more drawings and toilets pictures you can have a look over there : http://axels.canalblog.com ) :

Je pédale vraiment avec mes rangers...
I pedal with my boots, really ...


Angry BikePunk !!!

C'est presque ca...
It's almost right...

Hamburg 1

Samedi 9 Aout

Ce ne sont finalement pas les flics qui m'ont réveillé. Du coup, je reprends tranquillement la route vers Hambourg, il fait beau et ça fait du bien...

Quelques heures plus tard, je trouve le panneau Hamburg, qui m'indique que je rentre dans la ville. Je suis content d'etre enfin arrive. Et pourtant 10km plus loins, je suis toujours dans cette zone industrielle de banlieue, pas l'ombre d'un centre ville... Je trouve un panneau : HH (ce qui signifie centre ville d'Hamburg) 9km... C'est pas possible. Je n'y crois pas, cette ville ne peut pas etre aussi énorme... et pourtant...

Et pourtant donc, 10km plus loin je suis enfin dans le centre ville... je ne sais toujours pas ou je vais passer la prochaine nuit. Je suis affame et l'apres midi est bien entamée... Quand j'ai demande au Rote Flora, ils m'ont dit de voir a Hafenstraße, alors j'y vais. Je trouve de grands immeubles peints, c'est beau, si seulement tous les bâtiments en ville pouvaient ressembler a ca...

C'est quand meme bien différent de nos squats français... Je longe les façades, a la recherche de quelqu'un pour m'aider, je trouve un type qui m'explique que c'est le jour de Vokü et m'invite a rentrer. En effet, j'ai droit, sans avoir a payer quoi que se soit, a une assiette vegan, et meme a une part de gateau ! Ca fait tellement de bien, je peux enfin parler a des gens, ca faisait presque trois jours que je pédalais seul sur mon vélo. J'apprends que la semaine suivante, il y a deux camps a Hambourg, un contre le changement climatique et un autre antiraciste, au meme endroit, au meme moment...


Je demande s'il est possible de rester la pour la nuit, et m'explique qu'a cause des camps, il y a deja des invites et que ca ne va pas etre possible... Je suis déçu, mais on me propose de m'amener a une réunion de préparation des camps ou je devrais arriver a trouver un hébergement... Je les suis, ils demandent pour moi, parce que je ne parle toujours pas un mot d'allemand. Au bout d'un moment, une certaine Tina m'explique que je peux aller chez elle, mais c'est pas simple du tout (elle doit rester a la réunion qui ne finira pas avant la nuit et n'a pas de clefs a me donner). Finalement elle me donne l'adresse et préviens un colocataire. J'ai trouve quoi faire de ma fin d'apres midi, trouver cette adresse, sans carte dans cette ville énorme...

Comme j'ai quand meme quelques indications, ca va plutôt vite (et puis j'ai trouve un autre cycliste sympatique qui allait au meme endroit que moi). J'arrive a cette maison jaune et je sonne. Le colocataire prévenu vient m'ouvrir et me montre la salle d'entraînement. Il y a des tatamis et donc, c'est suffisant pour passer la nuit. Je suis un peu déçu, j'espérais trouver de la compagnie et peu etre quelque chose de mieux, mais bon... c'est deja ca. Et puis un grand bonhomme qui habite aussi la meme maison réagi, quand il se rends compte qu'on me propose de passer la nuit dans la salle de sport. Il m'invite dans son appartement, et me donne le choix entre décliner son offre et rester seul sur mon tatami ou profiter d'un lit et de compagnie... Mon choix est vite vu. Il est presse, il était en train de partir, mais il prend quand meme le temps de m'installer...

Apres une douche, il m'invite a le suivre, il va jouer de la musique chez des amis. Je n'hésite pas, si ses amis sont aussi sympathiques, la soirée promet d'etre agreable...

Elle l'est, j'ai droit a un concert prive, d'un ensemble accordéon, guitare et trompette pendant qu'une autre personne prépare un repas... Une soirée aux chandelles, a rencontrer de nouvelles personnes l'une d'entre elle a meme vécu quelques temps au troglos, un village troglodytique autogéré, pas loin d'Angers, ou je suis passe aussi un mois plus tot... le monde est petit. Das Welt ist klein...





Dimanche 10 Aout


En fait cette maison jaune, c'est ce qu'en allemagne on appelle un Hausprojekt. Ici par exemple, ils louent, c'est trois appartements sur trois etages (un par etage), trois colocations. A priori tous veulent la meme chose et le reste du batiment est commun, parfois, il y a des concerts dans la cave. Ca ressemble vagement a ce que pourrait etre un squat legal... En tout cas je m'y sens bien, je l'aime cette maison. C'est dimanche je me repose avant de repartir le lendemain. Et puis je vais voir le travail de l'acordeoniste de la veille. Avec des enfants, elle anime un atelier ou ils peuvent sculpter des maisons en cyporex, le but etant de faire une ville miniature. C'est une alternative comme une autre au travail alienant et sterile...

Hamburg / Copenhague

Lundi 11 Août

Je partage mon petit déjeuner avec Bene (le grand bonhomme de la maison jaune). Il m'offre du gâteau délicieux de se maman: cette journée commence parfaitement bien. J'ai bien dormi dans un bon lit, il fait beau, j'ai pris un bon petit déjeuner et pas seul pour une fois.

Le temps de faire des courses pour manger, je suis sur la route a 9h. Et je ne sors de la ville que 2h plus tard. C'est immense, ca n'en finit pas... Le vent me pousse jusqu'à Lübeck. A un moment donné, je m'arrête dans un café/pâtisserie pour remplir mes bidons ; derrière le comptoir, des chocolatines (comme on les appelle dans le sud de la France) nappées de chocolat noir à chaque extrémité, entre autres gâteaux plus merveilleux les uns que les autres.
J'en commande une, et quand je sors mon porte monnaie, on me fait comprendre en allemand que ce n'est pas la peine, c'est offert par la maison... Un plein d'eau, un pain au chocolat pour le mois appétissant, servis avec le sourire gratuitement. Décidément, la vie est belle. Je repars, en cherchant plus ou moins un endroit prendre mon repas. Comme je suis exigeant, je ne trouve rien a mon goût. Je continue. Finalement, je m'arrête dans le port de Nasedt. C'est la deuxième fois que je vois la mer depuis mon départ. je profite d'être arrêté pour prendre quelques photos.

Et je repars. Il me reste 70 bornes a faire. J'espère que les gros nuages gris, qui se promènent, épars, dans le ciel bleu ne vont pas décider de se vider au dessus de moi. Le paysage est magnifique, il fait bon. Que demander de plus ?
Plusieurs fois, je double des enfants, sur de petits vélos, ca me rapelle mes balades, adolescent dans les collines du Lauragais. C'était magique pour moi, enfourcher mon vélo pour aller voir ce qu'il y a, de l'autre côté de la colline et puis de la suivante ; parfois même, j'allais voir ce qu'il y avait au delà de l'horizon... Et à chaque